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Critique : Que ma volonté soit faite saisit et séduit d’abord par un rare cachet visuel. Contrairement à de nombreux metteurs en scène qui en font un totem, un argument de vente ou une note d’intention en soi, Kowalski nous embarque dans un monde chiadé de textures et de contrastes élégants, grâce à la pellicule. Elle pense sa mise en scène en fonction : elle ne filmerait ni les ombres, ni les flammes, ni les fluides et les peaux de façon si prolongée, appuyée et frontale, si elle tournait en numérique. La pellicule de 16 mm confère un beau relief à l’image, savamment éclairée par Simon Beaufils, son directeur de la photographie. Le film capture comme peu d’autres la matière et tous ses tons. Une preuve en est : le mal qui ronge les animaux de la ferme, mystérieux, sorte de nappage aux confluences du liquide et du solide, à la fois repoussant et hypnotisant.

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On y fait référence à l’iconographie catholique, bien sûr, mais Kowalski a le bon goût de ne pas s’y attarder et de faire sobre, à rebours des innombrables productions qui travaillent la figure du Christ ou de la Vierge, ayant même engendré la peu ragoûtante notion du catho porn dont Hollywood raffole. Ici, le mal revêt un caractère complètement insaisissable, nébuleux, sans artifice. C’est aussi grâce à Maria Wróbel que le film tient cette ligne et demeure crédible en tous points. Stupéfiante lors des scènes de "possession", jouant brillamment sur les distorsions de son visage, elle poursuit sa collaboration fructueuse avec Kowalski. Elle affirme elle-même avoir une connexion particulière avec sa metteuse en scène, et Que ma volonté soit faite apporte de l’eau à son moulin. On verrait volontiers le duo Kowalski-Wróbel se prolonger le temps d’un film ou deux.
De manière évidente, le discours du film s’articule autour de la possession, et à travers elle du retour de la mère de Naw par des moyens surnaturels. Mais il montre également comment il est aisé de prêter au mal des traits féminins, en l’occurrence en la personne d’Alice, accusée de tous les maux, même de provoquer ses propres agressions, et de déstabiliser tout le village. Pourchassée, elle cristallise les tensions et permet au groupe, voire plutôt la meute, de s’absoudre de tout péché.
Au terme d’une heure trente, durée idéale pour envoûter avec ce récit resserré sans lasser, Kowalski regarde vers le futur. Nous avec elle.













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