Paul Durand-Ruel a été l’une des personnalités les plus
marquantes dans l’histoire de l’art, tant par son talent pour
découvrir et défendre de jeunes artistes, que pour la manière
dont il a redéfini le métier de marchand de tableaux.
La galerie Durand-Ruel était, à l’origine, une papeterie située
au 174 rue Saint-Jacques à Paris, près de la Sorbonne,
propriété de Marie-Ferdinande Ruel qui épousa, en 1825,
son principal employé Jean-Marie-Fortuné Durand. Ensemble,
ils unirent leurs noms et adjoignirent à l’activité première un
commerce d’articles pour artistes, tels que couleurs, pastels,
toiles, pinceaux… Cela permit à leur fils, Paul Durand-Ruel,
de rencontrer et d’apprécier les peintres qu’il appelait d’École
de 1830, plus connue sous le nom d’École de Barbizon, comme
Camille Corot, Théodore Rousseau, Charles-François Daubigny
, Constant Troyon, Narcisse Diaz de la Peña, Jules Dupré…
Paul Durand-Ruel, attiré en réalité par deux autres professions,
être missionnaire ou devenir militaire, découvrit le métier de
marchand d’abord par devoir, aux côtés de son père qui lui
demanda de le seconder. Et c’est en 1855, face aux tableaux
d’Eugène Delacroix exposés lors de l’Exposition Universelle à
Paris, que le jeune Paul âgé de 24 ans, tomba en
émerveillement devant les toiles de l’artiste, comme il l’écrivit
dans ses mémoires : « C’était le triomphe de l’art vivant
sur l’art académique. Ces œuvres m’ouvrirent
définitivement les yeux et me fortifièrent dans la
pensée que je pourrais peut-être dans mon humble
sphère, rendre quelques services aux vrais artistes
en m’employant à les faire mieux comprendre et
aimer. »
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