Nocturne Palais de Tokyo
Le Palais de Tokyo nous invite à profiter de ses Nocturnes d’été, en offrant l’accès gratuit à l’ensemble de ses expositions tous les jeudis soir, de 19h à minuit, du 16 juillet au 10 septembre 2026. Une invitation à découvrir l’art contemporain à la lumière du coucher de soleil, dans des expositions immersives, poétiques et sensibles.
En ce moment :
- LES AMBASSADEURS
JESSE DARLING

Par des gestes à la fois simples, minimaux et spectaculaires, les sculptures et installations de Jesse Darling (lauréat du Turner Prize en 2023) révèlent les récits clandestins qui hantent les objets, matières, formes qui peuplent nos vies quotidiennes. Travaillant en priorité avec des matériaux industriels, des objets usagés ou des rebuts prélevés autour des lieux où il expose, il les assemble en compositions insolites, reliques hybrides ou paysages fantastiques, en accentuant les marques du temps sur leur état physique, entre épuisement et dégradation, comme pour en souligner la fragilité et la précarité.
Sa nouvelle production, pensée pour la grande Verrière du Palais de Tokyo, invite à pénétrer dans un impressionnant paysage d’affiches et d’enseignes publicitaires rendues illisibles, et peuplé d’une foule fantomatique de pupitres de discours surmontés de drapeaux flottant alternativement au vent. Ici, ces symboles de pouvoir sont altérés, effacés, rendus inaudibles, comme saisis dans une dégradation ou une déréalisation en cours.
Teinté d’une forme de mélancolie critique, ce travail nous connecte avec l’émouvante précarité des matérialités qui nous entourent, mais aussi celle des systèmes de production, de consommation et de domination qui les ont rendus possibles. Ce recyclage poétique du réel s’apparente à un désarmement, qui met momentanément à distance la violence pour mieux la neutraliser.

Le Palais de Tokyo propose la première rétrospective de Cathy de Monchaux, figure majeure de la scène artistique britannique à travers un ensemble d’une cinquantaine d’œuvres datant de 1984 à aujourd’hui. L’exposition nous tiraille entre désirs et dangers épidermiques, réunissant des dessins techniques, des archives d’œuvres détruites, des sculptures et installations, verticales ou horizontales, au mur ou au sol ; l’artiste malmène les repères, en particulier de la phallocratie du langage philosophique et artistique, un « privilège accordé à la rectitude […] à la symbolique du phallus et du même coup réduction de la femme à la matière-matrice, à la mère, au vagin-utérus »
- Vernis à ombres
Benoît Piéron

« J’existe dans un état vaporeux. Je suis vraiment des paillettes en suspension. » C’est depuis ce sentiment de flottement que Benoît Piéron imagine Vernis à ombres. Partant de son expérience de l’hôpital et d’une cohabitation avec la maladie, l’artiste française crée des représentations autres des espaces, des corps et des affects qui y sont liés. Salles d’attente et laveries hallucinatoires, gyrophares tamisés en veilleuses, spectacles de lumières stroboscopiques filtrant sous une porte d’hôpital : il dilate des lieux familiers par une pratique du détournement où se mêlent sculpture, installation, et gestes issus des loisirs créatifs et de la culture DIY (do it yourself).

Intitulée « Virages Vierges », l’exposition personnelle de Pauline Curnier Jardin prend pour point de départ la notion de déviation, voire de déviance : le virage comme sortie de la ligne droite, abandon de la trajectoire stable au profit de l’incertitude et des chemins de traverse. À l’image de ses narrations fragmentées, l’œuvre de l’artiste se construit dans des zones de trouble où fiction, rituel et documentaire s’entrelacent sans hiérarchie.
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