Mireille Blanc
Paintings a nd O ther T hings
Mireille Blanc s’intéresse à l’aspect énigmatique des choses ; comment le familier, le quotidien,
voire le banal, peuvent soudain devenir étranges. C'est ce basculement des choses, ce phénomène de la
réduction, que l'artiste tente de saisir.
Les choses ne se livrent pas immédiatement. Il y a une forme de retenue des images. Elles restent
incertaines, peinent à émerger. Le sujet se brouille, il devient parfois quasiment abstrait, il échappe et se
perd - il reste des indices, des bribes. La question du détail est ainsi centrale : souvent, dans des cadrages
resserrés, le sujet déborde, ce qui accentue cette idée de perte - du sens, du contexte, malgré un regard
rapproché, précis.
Des motifs récurrents se dessinent au cours du temps, qu’il s’agisse des peintures ou récemment
des sculptures en céramique : des dessins de sweat-shirts, des gâteaux, des bibelots kitsch, des assiettes…
Ce sont les qualités intrinsèques de ces objets qui intéressent l’artiste mais également leur aspect
énigmatique — objets tirés d'un quotidien féminin, longtemps tenu à l'écart des grands récits de l'art.
Attraction/répulsion, l'artiste est autant fascinée que "dérangée" par certains sujets qui s'imposent à son
regard. On perçoit ainsi des glissements entre l'objet, la choséité, et la question de la figure : le corps est
souvent là par fragments, dans les marges, rendu visible par son absence (dans des objets fait-main, les
gâteaux, etc), ou encore dans l'idée de leurre (masques, figurines).
C’est de façon plus générale le statut de l'image qui l'intéresse ; il s’agit de peindre la reproduction
d'une image, le document lui-même, scotché au mur de l'atelier, la photographie retravaillée, créant ainsi
une seconde mise à distance. Toutes les marques, tous les accidents qui adviennent sur les images
imprimées, qui décantent à l'atelier, sont rendus visibles, comme des trompe l'œil. Ce geste tend à éloigner
les sujets et crée une tension, dans cet écart entre le sujet et le regardeur.
L'artiste est récemment revenue à la céramique - pratique amorcée il y a 20 ans. Les pièces réalisées
(modelées puis émaillées, parfois peintes à l'huile), font écho aux sujets des peintures, la question du
trompe-l’œil étant ici rejouée. Le motif de l'assiette est présent plusieurs fois : contenant des restes de repas
de fêtes, symptômes d'un temps passé ou comme palette, archéologie propre de l'atelier.
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