GRAND PALAIS
Matisse
1941 – 1954
Laure Prouvost
Nous, frissons d’étoiles
Wael Shawky
Drama 1882
Grand Palais Méditerranée
(gratuit)
2 expositions et 1 film jusqu'au 26 juillet

Dans la lumière éclatante de ses dernières années, Matisse invente un nouveau langage : celui des formes découpées et de la couleur pure. Plus de 300 peintures, dessins, livres et gouaches découpées retracent, entre 1941 et 1954, le parcours d’un artiste libre et en perpétuel mouvement.
L’exposition Matisse. 1941–1954 éclaire les dernières années de la carrière d’Henri Matisse, entre 1941 et 1954, à travers plus de 300 œuvres, peintures, dessins, gouaches découpées, livres illustrés, textiles et vitraux, issues de la collection du Centre Pompidou et de prêts internationaux majeurs. Elle révèle la dimension pluridisciplinaire de sa pratique pendant cette période tout en réunissant un ensemble exceptionnel de gouaches découpées.
À près de 80 ans, Matisse se réinvente avec la gouache découpée, un médium qu’il érige en langage plastique autonome, libre et capable d’atteindre l’universel par sa simplicité. Adaptée à la fois à la reproduction et aux commandes monumentales, cette technique lui permet d’exprimer pleinement la dimension décorative de son art.
L’exposition montre combien la peinture reste au cœur de sa démarche, loin d’être supplantée par les découpages : elle se déploie au contraire avec toujours plus d’espace, d’intensité et de couleur. Parmi les ensembles essentiels réunis dans le parcours figurent la magistrale et ultime série des Intérieurs de Vence de 1947-1948, l’album Jazz, les séries des Thèmes et variations ainsi que les dessins à l’encre au pinceau ; les principaux éléments du programme de la Chapelle de Vence ; les panneaux monumentaux de La Gerbe et des Acanthes, et en point d’orgue, exceptionnellement réunis, les grandes figures en gouaches découpées : La Tristesse du roi, Zulma, La Danseuse créole et les célèbres Nus bleus.
Imaginée comme une traversée de l’univers du peintre, l’exposition restitue l’atmosphère vibrante de son atelier, en constante métamorphose. Une invitation à découvrir ce "jardin" florissant de Matisse, salle après salle.

Entre atomes et particules, Laure Prouvost vous entraîne dans une échappée sensorielle inédite. L’artiste présente sous la verrière du Grand Palais une œuvre monumentale mêlant vidéo, sculpture, sons, odeurs et lumière, issue de deux années de recherches autour de la physique quantique. Laure Prouvost vous propose de voir le monde autrement.
Tout commence par une question vertigineuse : "Que pourrait-on ressentir en percevant la réalité d’un point de vue quantique ?"
Théorisée il y a un siècle, la physique quantique décrit le comportement de la matière et de l'énergie à l’échelle des atomes et particules. Elle repose sur des probabilités plutôt que sur des certitudes et bouscule notre manière habituelle de comprendre le monde. Pour réaliser ce projet, l’artiste Laure Prouvost a mené deux ans de recherches avec le philosophe Tobias Rees et le scientifique Hartmut Neven. Ayant eu accès à un puissant ordinateur quantique, elle a créé des images et des sons qui reflètent le caractère sensible et imprévisible de ces systèmes.
À l’entrée de l'exposition, un tunnel vous mène vers un environnement éblouissant habité par The Beginning, une sculpture cinétique monumentale. Animée par le son et la lumière, dotée de six membres qui se déploient dans l’espace, elle est à la fois omniprésente et évanescente, imposante et fragile, cosmique et terrestre. En son centre, une vidéo intitulée We Felt A Star Dying vous relie à la matière sous toutes ses formes : vivante et non vivante, naturelle et mécanique, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Autour, des éléments fantaisistes aux allures de météorites, les Cute Bits (clin d’œil aux qubits, unités de l’informatique quantique) évoquent le phénomène d’intrication. Certains prennent la forme de casques, dans lesquels vous pouvez entendre leurs voix et sentir leur odeur métallique et minérale.
Son spatialisé, filaments qui frôlent les corps, projecteurs éblouissants, coussin enveloppant sur lequel s’allonger pour découvrir la vidéo sont tout autant de stimuli sensoriels qui vous plongent dans cet environnement dilaté. Laure Prouvost nous révèle un monde interconnecté dans lequel "nous ne faisons qu’un", "we are we".

Partez pour un voyage historique avec Wael Shawky et son film-opéra Drama 1882 ! Huit parties fascinantes retracent la révolte d’Ahmed Urabi contre la domination coloniale et vous entraînent dans un récit entre théâtre, opéra et cinéma. Un temps fort de la Biennale de Venise 2024, proposé cette année dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
À l’aide de vidéos fascinantes, de sculptures et de reconstitutions historiques minutieuses, Wael Shawky interroge l’autorité de l’histoire écrite et ses ambiguïtés. Le colonel Ahmed Urabi, paysan devenu fondateur du Parti nationaliste égyptien, a dirigé le soulèvement et a œuvré pour rendre l’Égypte à ses habitants. Quel événement de 1882 a bien pu faire imploser son mouvement populaire, précipiter le bombardement d’Alexandrie par les forces britanniques et provoquer son exil ?
Avec minutie, Wael Shawky met en scène un récit musical, théâtral et magique filmé dans un théâtre historique d’Alexandrie, sur fond d’un décor pictural saisissant. Les interprètes et la bande sonore semblent participer à une même peinture en mouvement. Les décors se déplacent au ralenti, alors que les personnages semblent hypnotisés, évoluant dans une chorégraphie lente et envoûtante. Le drame y prend de multiples visages : il peut être divertissement, catastrophe, ou le doute inhérent à l’histoire. Une conversation critique et opportune sur la nécessité de revisiter l’histoire et la futilité de la guerre !
Plus d'information et réservation : ICI
Au plaisir de découvrir ces deux expositions et le film avec vous !
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