Un discret séisme — LUCILE PIKETTY
Lucile Piketty développe dans son travail, un univers singulier, nourri d’une constante observation du monde qui l’entoure, où des références implicites
à l’histoire de l’art, au cinéma, mais également à un répertoire d’images plus marginales comme les estampes populaires, les romans graphiques en
gravure, les papiers peints panoramiques, font écho à ses propres expériences et souvenirs. La figure humaine y occupe une place essentielle, l’artiste
mettant volontiers en scène ses sœurs, ses amies et elle-même, dans une sorte d’ode graphique à la sororité. Portraits de proches et mises en scène
dialoguent d’une œuvre à l’autre, créant des correspondances subtiles.
Pour sa deuxième exposition personnelle à la H Gallery, Un discret séisme, l’artiste élargit son champ de réflexion à l’expérience de la maternité
qu’elle explore à travers son histoire personnelle tout en la replaçant dans la longue tradition iconographique occidentale. Ce déplacement ouvre un
nouveau champ où l’intime se heurte aux archétypes collectifs, révélant la maternité comme motif à la fois autobiographique et symbolique. L’artiste
interroge les représentations héritées, ce que l’histoire de l’art a montré, et ce qu’elle a laissé dans l’ombre. À travers une série d’autoportraits, elle
aborde la maternité comme une traversée, physique, psychique et temporelle. Loin des images idéalisées, son travail explore la complexité de cette
expérience : le désordre, le doute, la perte de repères, la métamorphose du corps et du rapport au temps.
Cette nouvelle recherche entre en résonance avec un ensemble de peintures et de pastels dédiés aux espaces du souvenir, de l’enfance, des lieux
qu’il est impossible de retrouver. Ces lieux perdus deviennent des expressions du temps qui passe, des cycles de la vie et de la mémoire qui persiste.
L’artiste y explore la persistance de ce qui échappe, de ce qu’on ne peut ni retrouver ni oublier, un territoire où la peinture devient le seul moyen de
concilier le passé et le présent.
Travaillant principalement la peinture à l’huile, la gravure sur bois et le dessin, Lucile Piketty déplace les frontières entre ces médiums. La gravure,
historiquement associée à la reproductibilité et à la diffusion de l’image, est ici détournée de sa fonction traditionnelle pour déployer ses potentialités
immersives. Elle devient un champ d’expérimentation plastique où grands formats, marouflage, et interventions picturales, brouillent la distinction entre
estampe et peinture, créant des porosités entre ses pratiques.
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