Atelier de criminologie lacanienne, cycle 2026-2027 (1e soirée du cycle) 58e soirée
Mardi 20 Octobre 2026 amphi Morel, GHU-Sainte-Anne, 75014 Paris
Les chemins « insensés » de la pulsion
Fixité et compulsion de la répétition
La fixation est quelque chose qui fait retour et donc répétition, le fétiche est ainsi le témoin réel d’une connexion aussi hasardeuse que nécessaire du registre du signifiant à certaines parties du corps, sans que le sujet puisse au départ connaître les raisons de cette excitation ni les tenants et aboutissements, « cela le fait juste jouir » ! Curieusement, l’objet de la pulsion est éminemment déplaçable et substituable, n’importe quel ersatz de l’objet réel convient pour satisfaire la pulsion. On peut par exemple, quitter sa mère et trouver une autre femme et ensuite une autre, sans que l’on cesse de retrouver sa mère dans ses nouvelles partenaires ; ce qui assure la métonymie est le fait d’être capturée par la signification de la castration ; si cette signification est perdue ou n’est pas inscrite, il reste la voie de la substitution qui cependant rate à trouver l’objet perdu, objet de jouissance que paradoxalement le substitut commémore. Or cette jouissance n’est pas la même selon qu’elle est capturée par la signification de la castration, soit elle est perdue ou pas ! Si elle est perdue ce qui revient est de l’ordre de la répétition. Si elle n’est pas perdue, elle revient sur le mode de la fixation, elle revient dans le réel. La fixation crée ainsi un lien particulièrement intime de la pulsion à son objet, fixant la tendance, « la poussée », à un signifiant particulier et par là s’oppose à la métonymie, la tenant à l’abri de tout déplacement. L’insistance de la chaîne signifiante et le retour des signifiants inusités de la demande, fixent la pulsion, au prix d’un accrochage de la jouissance par l’impact donné à ce qui fait trauma et par les impasses générées dans la construction du fantasme car la rencontre avec la sexualité revêt toujours ce caractère traumatique. Ces fixations constituent alors la réponse symptomatique, contraires aux « réminiscences » chères à la clinique de l’hystérie qui permettent à l’après coup la construction de « l’oublié », vérité ayant la valeur thérapeutique de la répétition en tant souvenir retrouvée. Le paradoxe, dans la fixation le sujet est acéphale sans la contrepartie qu’est la division du sujet qui vient avec la remémoration, elle ne permet pas à cet « oublié » de se faire jour, devient inaccessible à la compréhension dont le sujet méconnait, par son caractère acéphale la portée fantasmatique ; dans l’urgence de devoir trouver satisfaction, prisonnier à cette fixité, elle revient sans cesse, sans pouvoir s’en détacher.
Présentation : Dario MORALES, psychologue GHU-Sainte-Anne (75), psychanalyste, membre ECF (78)
Invité :
Soirée animée par Bernard JOTHY, psychiatre, psychanalyste, membre ECF (75)
58e Soirée organisée par l’association APCOF – ACF-IdF, entrée gratuite sans inscription
Site de l’association : www.apcof.fr

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