14e journée – les carences, la difficile construction des figures de la séparation,
Samedi 04 avril 2026, grand Amphi, GHU-Sainte-Anne, 9h-17h30
9h15 Présentation : Dario MORALES, psychologue clinicien, (GHU-Sainte-Anne), psychanalyste, membre ECF (78)
9h25 Ouverture : Patrick ALMEIDA, psychologue clinicien, coordinateur du pôle clinique de l’EPOC (75), membre ECF (75), « De la carence à la Hilflosigkeit : détresse et précarité structurale du parlêtre »
9h45 1e séance : « Si le tabouret perdait un pied ? »
Président de séance : Patrick ALMEIDA
Dario MORALES, psychologue clinicien, (GHU-Sainte-Anne), psychanalyste, membre ECF (78), « L’allégorie du tabouret : le « défaut » qui fait trébucher le parlêtre »
Philippine BESNIERG, psychologue clinicienne au Centre de Psychopathologie Périnatale CPBB ; accueillante à Babillo, 18e, « Face à l’horreur de la mort, le deuil périnatal peut-il être bénéfique ? »
11h30 2e séance : « L’angoisse de la perte dans les expériences de deuil »
Président de séance : Nathan MARTIN ESCAMILLA
Marie-Axelle MAREL, « De quoi la tromperie est le signe ? », psychologue clinicienne, psychanalyste (75)
Bernard JOTHY, psychiatre, psychanalyste, membre ECF (75), « Un harcèlement comme envers de carence »
14h30 3e séance : « La drogue, l’alcool, les addictions comme des traitements nostalgiques, mélancoliques face à la perte »
Présidente de séance : Bernard JOTHY
Pierre GAUDRIAULT, psychologue psychothérapeute ; Elodie MARCHIN, psychologue psychothérapeute ; CSAPA, Associations Addictions France, (75) ; « Silence et protolangage chez les inséparables »
Gaëlle MALLE, psychologue clinicienne, psychanalyste, HDJ Pôle 15 GHU, « Elle me manque tout le temps mais elle est toujours là »
Alice RICHARD, psychologue clinicienne, CMP enfants (Blois) « La carence paternelle ou comment la jouissance de l'Autre ouvre la voie vers la séparation ».
16h00 4e séance « L’expérience de l’abandon, délaissement et séparation »
Président de séance : Dario MORALES
Nathan MARTIN ESCAMILLA, psychologue, psychanalyste, doctorant en psychologie et psychanalyse, U Aix-Marseille, chargé de TD, Paris, Université Paris Cité, « Quand lalangue fait défaut, la littérature fait nouage »
Marie-Christine MARKOVIC, formatrice médiations thérapeutiques, psychanalyste ; chargée de cours et de TD, Université Paris Cité, « Histoires de Moussah ou l’accès à la symbolisation subjective »
Erica FRANCESE, psychologue en libéral ; intervenante à Thelemythe Montreuil ; chargée de cours et de TD, L3, Université Paris Cité ; M1 et M2, Université Paris Cité, « Un rayon de soleil aveuglant »
17h30 : Conclusion : Fernando MORALES CARVAJAL, psychologue, psychanalyste, membre AMP – ECF (Colombie)
Classiquement, la conceptualisation laissait supposer que l’Œdipe est socialement déterminé par une structure familiale propre à son temps, la famille conjugale et paternaliste La clinique contemporaine témoigne au contraire d’un malaise structural, la question du père et de son déclin. Il y a une incidence subjective que la clinique repère dans la nommée « carence paternelle » qui entraîne un « refoulement incomplet du désir pour la mère » et un « affaiblissement » de l’identification au père. Ces conditions familiales révèlent ainsi une carence manifeste qui a parfois une « fonction causale » dans la névrose, la présence de l’ambivalence agressive dans la relation au semblable ou au contraire des tentatives de « collage » ou de « surinvestissements » pathologiques. En effet, la « surprotection intrusive » l’isolement des membres dans un groupe familial restreint sont des agents facilitateurs des pathologies délirantes « aliénantes » ou du délitement incestueux. Ces évolutions soulèvent des questions, elles peuvent être source de conflit moral, angoisse, ou symptôme. Cette journée prend acte de ces impasses et rappelle l’incidence clinique des changements dans la « représentation inconsciente » et met en avant les processus de séparation pour illustrer les « solutions » et donc les équivoques du sujet lorsqu’il rompt avec l’aliénation, la dépendance.
Première table ronde : Si le tabouret perdait un pied ?
Pourquoi la famille a un rôle important dans la construction de la subjectivité ? Il faut d’abord démontrer la précarité de l’ordre symbolique qui soutient l’humain. En effet, de par sa précarité, l’enfant ne dispose initialement que d’un nombre réduit de points d’appui signifiants. Or ces signifiants établissent la mise en ordre des significations humaines. Le minimum est la structure : « (père), phallus, mère, enfant ». En deçà le sujet se trouve dans la situation qu’illustre le tabouret à trois pieds : il n’est plus question qu’il en manque un seul, il pourrait tomber. L’image éloquente de l’instabilité de la structure qui en résulte est la forclusion d’un signifiant primordial, la psychose. La clinique est justement là pour témoigner de ce paradoxe, la carence d’un signifiant qui porte sur le désir se caractérise par le retour angoissant dans le réel, de la restitution d’un ordre social de fer, dont la jouissance, la férocité surmoïque, le signifiant-maître en sont les marques.
Deuxième table ronde : L’angoisse de la perte, dans les expériences de deuil
L’angoisse a toujours avoir avec ce qui sépare, elle relève toujours d’une coupure – avec un objet aimé, avec ce que l’autre possède et que le sujet n’a pas, avec soi-même, etc. Cependant, la proximité de la séparation et de la perte est telle que parfois elle se prête à confusion : pourtant elles sont de nature équivoque. La séparation est en effet le mouvement contraire de la causation du sujet qui s’effectue dans l’aliénation tout en étant sa condition structurale. Y a-t-il une clinique de la séparation ? La clinique répond affirmativement, l’absence, autre nom de la carence et la perte, expérience du deuil sont pourtant présentes dans les expériences de séparation. On pourra donc s’interroger à partir des situation cliniques, l’expérience de l’amour, la maladie, la mort, etc sur ce qui est mobilisé et qui s’inscrit ou non psychiquement, car la séparation ne se fait pas sans douleur, elle renvoie souvent à des pans entiers sombres de l’histoire de chaque sujet et donc l’assujettissement à l’Autre et cette part qu’est l’aliénation à son désir ou jouissance. Face à ces situations, que mobilise la scène intérieure et le théâtre privé du fantasme ? Qu’en est-il de l’investissement de l’objet, se séparer, assurément, et inversement conserver sa trace, convoquer l’objet absent, le faire exister en représentation et lui donner, à travers le deuil, une continuité ? Et si la perception est atteinte, la représentation de l’objet absent est-elle possible ? Qu’en est-il du détachement et du désinvestissement indispensable à l’élaboration de la perte ?
Troisième table ronde : La drogue, l’alcool, les addictions comme des traitements, nostalgiques, mélancoliques face à la perte !
En 1985 Freud parlait, à propos du deuil, d’une nostalgie, Sehnsucht, (désirance) pour un objet perdu. Inversement cette « désirance » exacerbe également la rage, la colère, la passion. Il faudra justement se pencher sur les solutions addictives qui poussent le sujet à tenter de boucher le trou face à l’impossible accès à l’objet qui cause sa perte. Une élaboration théorique pertinente de la nostalgie tient compte de l’inévitable détresse psychique Hilflosigkeit ou désarroi qui affecte le sujet. Si l’investissement se lit en termes de Sehnsucht, en perdition, l’absence se fait présente dans la représentation de l’objet, se référent alors à un « besoin » insatisfait et donc insatiable que définit la Sehnsucht freudienne, folie ou désir perdu !
Quatrième table ronde : l’expérience de l’abandon, délaissement et séparation !
Autrefois dévolu au moi, l’amour alourdit la charge narcissique qui leste l’objet. Or perdre l’objet est perdre en même temps l’amour qu’on lui porte et l’amour qu’il nous portait. Le monde endeuillé devient pauvre et vide. Devenu désormais pauvre et vide, ruiné, il perd jusqu’à son sentiment de soi ». Ce travail de détachement ne s’accompagne-t-il pas, au-delà de la perte, de la recherche ou de l’allusion à la répétition de l’objet perdu ? Il arrive en effet, qu’un moi endeuillé se lève contre la perte jusqu’à maintenir de façon hallucinatoire l’objet, empêchant le travail de deuil, de trouver sa fin. Plusieurs possibilités sont présentées : dans la névrose, la perte de la charge narcissique pousse par le deuil à fabriquer un objet psychique de remplacement pour faire face à sa perte, d’où le mécanisme de l’abandon, de délaissement, jusqu’à ce que le sujet supporte lui-même un certain travail de différenciation, de séparation ; dans la psychose mélancolique au contraire, la perte est vécue sur le mode de la disparition, d’où un dénouement de l’ordre du suicide de la part du sujet, mais pris pour objet ; le soi-même est perdu. La perte de l’objet est alors transformée en perte du moi. Au terme des tensions qui traverse le sujet face à la perte de l’objet amoureux, la clinique interroge la chute de l’objet, l’abandon non pas passif mais actif de l’objet, entre perte névrotique et mélancolisation du sujet, entre place vacante qui touche le désir mais ne l’atteint pas et inversement, perte qui rend le sujet vulnérable et irrémédiablement carencé !
Ps : l’affiche comporte une erreur, horaire est 9h-17h30
Site de l’association : www.apcof.fr
Amphi Morel, GHU-Sainte-Anne, 1, rue Cabanis 75014 Paris
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