Critique : L’histoire d’Amira représentera le premier des cinq destins que ce film coup de poing va plus ou moins entremêler avec un fil conducteur commun : les conséquences de la guerre qui crée invariablement des déplacements de réfugiés. Outre Amira, on découvrira Musfafa (Yahya Mahayni), un soldat qui doute de sa cause ; Marwan (Omar Sy), un passeur sans scrupules doublé d’un père attentionné ; un poète (Ziad Bacry) qui fuit son pays avec femme et enfants ; et enfin Stravos (Constantine Markoulakis), un courageux garde-côte grec, bouleversé par le sort des malheureux qu’il récupère dans des bateaux de fortune .
Ce récit choral audacieux et original, tout en tension, suit ces cinq personnages motivés par des intentions différentes, voire totalement opposées, qui ont au moins un point commun : le doute. Amira doit elle quitter Alep au risque de mettre la vie de sa fille encore plus en péril ? Mustafa doit il rester dans l’armée syrienne contre ses convictions, Marwan doit il risquer sa vie tous les jours quitte à laisser seul son très jeune fils ? Le poète a-t-il bien fait de fuir son pays ? Et Stravos devrait-il continuer ce métier dans lequel le flot de réfugiés ne fait que s’enfler ?
Si on peut reprocher quelques effets faciles de mise en scène et une musique omniprésente à ce long métrage (qui fut d’abord un court), on est immergé dans un monde en guerre quasi incompréhensible qui met en lumière le terrible sort des réfugiés quelle que soit leur origine.
Le film a reçu le Prix du Public de la ville au festival du film américain de Deauville.













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