SUIVI D UN DIALOGUE AVEC NICOLAS PARISER.
Cousin direct du ‘spaghetti western’, le thriller all’Italiana qui connut une grande vogue dans les seventies était également violent, racoleur, souvent torché à la va-vite, un peu plus
politisé et recyclait les mêmes vedettes internationales.
« LA RANÇON DE LA PEUR » qui jouit d’une bonne réputation chez les aficionados, est une série B ancrée dans la réalité sociale explosive du Milan de 1974. Un voyou psychopathe et deux complices débiles kidnappent la fille d’un riche patron et exigent une rançon, semant la mort gratuite pendant leur périple, tuant aveuglément femmes et enfants.
Le scénario ménage des plages dialoguées, tentant gauchement de donner un sous-texte politique à une succession d’actes ignobles : non, ce ne sont pas les pauvres qui par désespoir s’en prennent aux riches, mais des abrutis sanguinaires lâchés dans la nature armés de mitraillettes.
Autant voir le film pour ce qu'il est, et s’amuser de la prestation éructante de Tomás Milian qui joue ce parasite sadique avec une jouissance mal dissimulée. Face à lui, l’habituellement excité Henry Silva n’a pas d’autre choix qu’être d’une parfaite sobriété dans un rôle de flic impuissant qui passe tout le film à constater les
dégâts. À la fin bien sûr, il n’aura plus qu’une chose à faire : oublier d’être flic et endosser la panoplie de « vigilante ». Après tout, le film fut tourné la même année que « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » !
La BO obsédante d’Ennio Morricone, les pulls à col roulé de Silva, le slip rouge de Milian, les femmes inutilement dénudées, tout s’accorde pour créer une ambiance kitsch qui aide à supporter un dialogue d’une platitude inouïe et un déroulement dénué de la moindre surprise. Une époque…
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