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Sortie n° 23789211, créée le 19 04 2026
La fille du konbini
Sponsor
Organisateur
Date de la sortie
Heure de début
Mardi 21 Avril 2026

Inscriptions & désinscriptions jusqu'à :
16:45 (H-1)
17:45
Descriptif de la sortie

 

 

À 24 ans, Nozomi a abandonné son tailleur de commerciale pour l’uniforme modeste d’une supérette. Entre la monotonie rassurante du quotidien et la complicité de ses collègues, elle pense avoir trouvé un fragile équilibre. Mais l’irruption d’une ancienne amie du lycée dans le “konbini” vient bouleverser sa routine et la confronter à ses choix de vie.

Critique du film

Avec La fille du konbini, la réalisatrice Yûho Ishibashi propose une fable délicate et minimaliste sur la pression sociale et la recherche d’un sens à sa propre existence, portée par une interprétation sensible d’Erika Karata, actrice révélée notamment dans Asako I & II de Ryusuke Hamaguchi. Inspiré du roman japonais La fille de la supérette, le  film suit Nozomi, 24 ans, qui abandonne un emploi toxique de commerciale dans la publicité pour un job alimentaire dans un konbini, une de ces supérettes emblématiques du Japon qui devient pour elle à la fois un refuge intime et la métaphore d’une société obsédée par la réussite.

Ishibashi évite l’écueil du message trop appuyé pour privilégier une observation sensible du quotidien de Nozomi. La répétition des gestes, les éclairages artificiels des néons, les interactions silencieuses avec les collègues traduisent une quiétude fragile, presque contemplative. Ce traitement s’incrit dans la lignée de ces drames du quotidien japonais qui mettent en scène les micro-moments de la vie comme autant de petits territoires d’émotion, exposant l’aliénation et la banalité du travail dans un monde normatif.

La fille du konbini

Le point de bascule arrive avec la réapparition d’une ancienne camarade de lycée, qui vient troubler la routine solitaire de Nozomi et l’incite à remettre en question sa trajectoire. Cette rencontre permet de faire émerger les tensions latentes entre attentes familiales et pression sociale : quitter un emploi prestigieux n’est pas seulement une décision professionnelle, mais une rupture symbolique avec les injonctions normatives d’un système qui valorise l’endurance au travail au détriment du bien-être personnel. L’absurdité des injonctions à subir (les heures interminables, les sacrifices privés, la peur de ne pas accomplir ce qu’on devrait…) apparaît en filigrane à travers les hésitations de l’héroïne.

Films

 

 

Mais le film ne se contente pas d’illustrer l’échec d’un modèle, il dessine une micro-communauté de personnages qui, chacun·e à sa manière, tentent de composer avec leurs propres frustrations. À travers des interactions simples — des conversations autour d’un repas, une soirée bowling, des gestes quotidiens — La fille du konbini suggère que la valeur d’une vie ne se mesure pas seulement à sa réponse aux injonctions et à sa productivité, mais aussi à l’authenticité des liens tissés et à la capacité de renégocier ses propres préférences face aux normes sociales.

La fille du konbini

Si certains pourraient reprocher au récit une certaine platitude narrative — liée à la répétitivité du quotidien de Nozomi — elle s’inscrit pourtant dans ce qu’on devine être le dessein d’Ishibashi : montrer combien la quête de sens peut émerger du simple fait d’exister, de voir, de s’incliner vers les petites joies et les rencontres fortuites. À ce titre, La fille du konbini fonctionne plus comme une méditation subtile sur la nécessité de se réinventer et la manière de se rappeler que le choix de la raison peut parfois conduire vers un espace de liberté, plutôt que d’être une défaite personnelle ou une concession.

Porté par une interprétation intérieure et une mise en scène qui cultive la présence des corps dans l’espace ordinaire, le film pose une question simple et profonde dans nos sociétés contemporaines : comment réapprendre à vivre quand le monde nous a appris à performer dans tous les pans de notre existence ? Dans son humilité et sa tendresse, La fille du konbini offre une réponse qui n’est peut-être ni spectaculaire ni définitive, mais qui résonne avec une vérité singulière, celle d’un cinéma attentif aux petites révoltes du cœur et aux conversations que l’on repousse mais qui résonnent comme un apaisement.

 

 

15 avril 2026 – De Yûho Ishibashi

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