Atelier de criminologie lacanienne, cycle 2025-2026 (2e soirée du cycle) 55e soirée
Mardi 17 février 2026, amphi Morel, GHU-Sainte-Anne, 75014 Paris
La férocité du surmoi – La voix qui accable et qui déchaîne
Lesdits « psychopathes - sociopathes » ou le silence de mort au cœur du surmoi
Des sujets dits « antisociaux » sont décrits par la clinique comme des séducteurs, dominants, sans remords ou dénoués d’empathie dont l’existence est marquée par la précarité et l’instabilité, sur le plan social, professionnel et sentimental. Ces sujets ont connu maintes incarcérations, pour une pluralité de délits violents, crises de colère, agressions, passages à l’acte, viols, coups, blessures, vols, etc Les experts expliquent ces comportements réitératifs en faisant appel à l’idée qu’ils souffrent des troubles de la personnalité ; le champ clinique ne manque pas de souligner au contraire ce paradoxe présent chez ces sujets, moins les idéaux tiennent, plus le surmoi est féroce. Les cliniciens sont d’ailleurs souvent frappés par le fossé entre les choix et agissements immoraux et les jugements moralisateurs émis par des sujets présentant des « traits dits psychopathiques » : l’absence de considération morale ou l’indifférence morale n’invalident pas en même temps une compréhension et/ou narrative souvent indignée de leur histoire personnelle vécue comme inéquitable, injuste, etc. Des sociologues avancent que les psychopathes sont peu enclins à s’identifier à des traits moraux structurant leur sentiment d’identité. La clinique interroge au contraire pourquoi ces individus ne « parviennent pas » à construire une « identité morale » pourtant perçue par tout un chacun comme essentielle. La clinique freudienne souligne la duplicité du surmoi ; d’un côté, il est l’agent du refoulement par son versant d’interdit et de limite à la jouissance, liée à la référence du père et à construction de l’idéal. Le versant de la loi concerne la soumission du sujet aux règles, aux normes, aux échanges sociaux ; de l’autre, la « part pulsionnelle » est « mandataire du ça », exigeant le retour aux satisfactions liées à des états antérieurs du moi. Autrement dit, le sujet reconnait la menace de castration et de l’autre, se comporte, par un démenti, comme si elle n’existait pas. Cette face qui lie le surmoi à la pulsion de mort illustre la méfiance et le silence que portent ces sujets dits « cas sociaux » à la parole elle-même. Pourtant ils sont les premiers à proférer avec force, un « tais-toi » ayant valeur d’intimation à l’Autre cherchant à taire l’Eros de la voix sous le silence de la pulsion de mort.
Ces sujets agissent par la force, en « toute puissance » ne connaissant pas d’impunité, en rupture avec l’ordre signifiant. Agir pose que le sujet tente de s’extraire des interdits et de la logique signifiante des pulsions, cédant aux diverses transgressions ou jouissance, qui font office de « symptôme », au nom de cet impératif qui parasite le corps, la pensée, les idéaux et qui dit, jouis !
Le travail thérapeutique consistera à créer les conditions pour que le remords, la culpabilité se manifestent à partir d’un point d’angoisse qui vient déranger le sujet, afin de reconnaître la part non pas imaginaire ou réelle mais symbolique de la punition. Il s’agit de chercher une causalité qui tienne compte, de ce qui est justement mis de côté ou dénié, la division du sujet !
Présentation : Dario MORALES, psychologue GHU-Sainte-Anne (75), psychanalyste, membre ECF (78) ; soirée animée par Bernard JOTHY, psychiatre, psychanalyste, membre ECF (75)
Invitée : Sandrine LARREMENDY, docteur en psychologie clinique, CRIAVS (75)
55e Soirée organisée par l’association APCOF – ACF-IdF, entrée gratuite sans inscription
Site de l’association : www.apcof.fr

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