Habiter le paysage
Commissariat d’Amélie Adamo
Pour cette rentrée, la Galerie La Forest Divonne organise une exposition
événement qui propose une vision inédite du paysage en peinture dans laquelle
le corps et la physicalité sont au centre.
Présentée dans ses 2 espaces : à Paris en septembre et à Bruxelles en novembre,
la galerie s’associe à Amélie Adamo, commissaire d’exposition et critique d’art,
qui a réuni à cette occasion des artistes de la galerie et des artistes invités,
issus de générations différentes.
«Cette exposition est un singulier voyage dans l’histoire du paysage en peinture.
Elle réunit des peintres issus de diverses générations qui tous partagent la
nécessité de nourrir leur regard et leur pratique d’un rapport direct et sensuel
à la nature. Présentant des œuvres réalisées en extérieur ou poursuivies à l’atelier
dans l’impulsion de l’expérience du plein air, l’exposition propose une vision
inédite du paysage dans laquelle le corps et la physicalité sont au centre. Sorte de
phénoménologie de la perception, au sens de Merleau Ponty, où le corps de celui
qui voie s’unit au visible et où la réalité perçue est travaillée par l’intériorité.
En quoi le fait d’être dehors, d’être un corps dans un espace-temps donné, s’incarne-
t-il dans la représentation, dans la forme même de l’œuvre ? En quoi l’œuvre
suggère-t-elle et le motif représenté et le corps de l’artiste, son geste, son point
de vue mouvant, sa sensation, sa mémoire ? Comment traduire le mouvement et
le vertige du réel sur une petite surface plane et fixe ? comment rendre vivante
une peinture ?
Autant de questions que posent les œuvres exposées ici. Réinventer le paysage
aujourd’hui, c’est aller à la rencontre de quelque chose d’inconnu qui n’est pas là,
prédéterminé, fixe, mais qui va être révélé. C’est chercher à révéler une présence
plus qu’à faire « image ». Qu’ils soient tournés vers la terre et le minéral, le ciel et
l’atmosphère, la mer et les rivières ou l’arbre et le végétal, les paysages exposés
donnent tous à sentir une présence aux éléments. Ils traduisent des sensations
dans une peinture qui réinvente les lois du réalisme, oscillant entre figuration et
abstraction, planéité et profondeur, réel et vision fantasmée. Car le vu, le perçu,
est toujours travaillé par l’imaginaire tout comme le présent dans un tableau
entre en tension avec le passé. Ainsi dans certains paysages remontent parfois
des souvenirs, mémoires d’Histoire et de peinture, tel le thème des baigneurs et de l’âge d’or. C’est là le mystère de tout « bon » tableau. Être vivant. Capturer les
temps et les regards.»
Amélie Adamo
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