Après avoir parcouru les flux et les lumières de la ville nocturne dans ses séries emblématiques d’escalators et de paysages urbains, Gregory Derenne ouvre aujourd’hui, pour sa première exposition personnelle à Backslash, un nouveau temps de son œuvre, tournant son approche vers une peinture plus intérieure et méditative. À travers un ensemble inédit de natures mortes, le peintre déplace son regard du flux architectural vers des espaces plus resserrés, silencieux, où la lumière, la matière et le temps semblent suspendus.
Entamée en 2020, cette nouvelle série s’inscrit dans une pratique patiente et intuitive de la nature morte. Derenne ne constitue pas de collection d’objets à des fins picturales. Il peint ceux qui s’imposent à lui par hasard ou par usage. Si ses compositions s’inscrivent dans une tradition séculaire, elles en proposent une réactivation contemporaine, notamment par la nature même des objets représentés, et affranchie de toute référence directe à un maître ancien précis. Nourri d’un vaste répertoire d’images et de souvenirs d’œuvres vues dans les musées, l’artiste évite pourtant toute citation explicite, préférant construire un langage personnel. Cette série marque l’aboutissement de sa recherche sur le rendu pictural de la nature morte après de nombreuses années de réflexion et d’expérimentation autour de ce thème.
Chaque œuvre prend place dans un cadre qui s’impose comme un élément constitutif, indissociable de la peinture elle-même. Chinés puis retravaillés par l’artiste, ces cadres ne se contentent pas d’entourer l’image. Derenne les choisit comme on recueille des fragments de temps, prolongeant l’œuvre au-delà de sa surface.
Pensée comme une continuité subtile plutôt qu’une rupture avec ses anciennes séries, cette exposition joue avec la même précision du cadrage, la même attention portée aux variations lumineuses, mais désormais appliquées à des sujets intimes, presque méditatifs. Les objets deviennent les témoins d’une présence humaine en retrait, invitant le regardeur à une contemplation plus lente, plus intérieure. La nature morte n’est pas simplement un arrangement d’objets inanimés. Elle se fait le miroir de nos existences. Chaque fruit, chaque vase, chaque objet porte le poids du temps, de la mémoire. Dans ces compositions silencieuses, le passage des heures se devine dans la lumière, la texture et la matière.
Gregory Derenne est diplômé de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 2007. Son travail a été exposé dans plusieurs salons et galeries internationaux. Il a récemment participé aux expositions Immortelle au Mo.Co de Montpellier et Le jour des peintres au Musée d’Orsay.
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