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Date : 09-10-2026 20:11:51
Le jour où l’Algérie fête son indépendance, des centaines d’européens sont assassinés. Un choc qui sera effacé des mémoires
En ce jeudi matin du 5 juillet 1962, le secteur de la Medina Jdida ("ville nouvelle" d’Oran vibre de joie. Des milliers de manifestants venus des quartiers périphériques, majoritairement musulmans, se rassemblent pour célébrer l’indépendance de l’Algérie. Ils marchent vers le centre-ville, où vivent encore une centaine de milliers d’Européens, dont une très grande part de Français. Au sein d’un cortège hétéroclite, des femmes dansent au rythme des tambourins, des adolescents défilent en uniforme de scout, des fellahs ("paysans" pieds nus circulent à dos de mulet, des hommes en vêtements traditionnels chantent des airs révolutionnaires.
Tous convergent vers la mairie, où il est prévu que des membres de l’Armée de libération nationale (ALN), la branche armée du Front de libération nationale (FLN), hissent un drapeau algérien. Mais à mesure que la foule avance, l’atmosphère devient lourde.
Des civils armés s’attaquent aux pieds-noirs croisés sur leur chemin
Soudain, peu après 11 heures, des détonations se font entendre. Des hommes armés ouvrent le feu à leur tour : des militaires de l’ALN, des membres des Auxiliaires temporaires occasionnels (ATO, des groupes armés formés pour remplacer à terme la police française). Des sentinelles du 4e régiment français de zouaves postées près de l’Opéra ripostent, et même certains civils algériens, visiblement armés. La panique s’empare de la foule. Des femmes courent, protégeant leurs enfants, des hommes se jettent à terre, d’autres fuient dans les rues adjacentes. Rapidement, la panique va dégénérer en une violence meurtrière.
Des civils armés de couteaux et de pistolets s’attaquent aux pieds-noirs croisés sur leur chemin. Ils sont vite rejoints par les ATO, qui participent aux lynchages, ainsi que par les patrouilles de l’ALN, qui tirent sur les façades et entrent dans les cafés où se réfugient les Européens. Partout, hommes, femmes et enfants sont raflés ou abattus sur place. Entre midi et 14 heures, la poste centrale est prise d’assaut. Des pillards profitent du chaos pour s’introduire chez des habitants terrorisés. Au Petit-Lac, un quartier du sud-est d’Oran, au moins une centaine d’Européens sont enlevés de force dans des camionnettes, lynchés, puis jetés dans des eaux marécageuses ou des fosses creusées à la hâte, avant d’être enterrés le lendemain par des bulldozers
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