Une exposition s’annonce généralement par une invitation à entrer. Pour sa première présentation à la Galerie Sultana, Philipp Timischl vient d’emblée compliquer cette invitation. Avant même de pénétrer dans la galerie, le visiteur se heurte à une rangée de petites peintures suspendues à des chaînes rouillées, comme une barricade précaire ou un élément de signalétique institutionnelle à la fonction incertaine.
Le titre de l’exposition apparaît en allemand sur six peintures, puis en anglais et en français sur les deux autres. En allemand, la phrase oscille entre deux lectures :Ihnen, le « vous » de politesse adressé au visiteur, etihnen, « eux » ou « elles », pouvant renvoyer aux peintures elles-mêmes. En français, le « vous » maintient une ambiguïté entre une adresse individuelle formelle et une adresse collective. En anglais,youpermet également une adresse au singulier comme au pluriel, mais le registre formel ainsi que la possible lecture de « eux » ou « elles » disparaissent (Exhibition continues behind you).
L’exposition continue derrière vous. Derrière qui, alors ? Derrière les peintures ? Derrière le visiteur ? Derrière les visiteurs ? Derrière la galerie, dans la rue ? Plutôt que de désigner un ailleurs précis, le titre remet en question la place du spectateur, laissant entendre que l’exposition a peut-être déjà commencé ailleurs ou qu’elle se déploie au-delà de ce qui lui est immédiatement accessible. Cette ambiguïté donne le ton d’une exposition attentive aux conditions mêmes du regard : non seulement à ce qui est vu, mais aussi d’où, comment et selon quelles conditions
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Liste d'attente 
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