Observations, sensations et imaginaires alimentent les œuvres de
Didier Boussarie. Lors de promenades quotidiennes, l’artiste se rend
à des endroits de prédilection – étang, forêt, fleuve – suivant de près
les évolutions du paysage, qu’elles soient discrètes ou grandioses.
De retour à l’atelier, les émotions et pensées éveillées par ces entrevues
se traduisent en peinture. Pour Didier Boussarie, il ne s’agit pas de
représenter ou de reproduire : il reconstruit. Telle une naissance, tel
le jour qui débute, les mondes sur sa toile (re)prennent forme – une
forme nouvelle. Il suit la lumière, ses allers et venues, souvent à peine
perceptibles ; la réalité perçue filtre à travers lui. Plutôt que représenter
des formes ou des paysages, Didier Boussarie cherche à rendre compte
des sensations. Si l’on identifie ici ou là une brindille, un pétale, voire
un rideau de verdure, ses œuvres tendent vers l’abstraction : il y a des
mondes dans des mondes, le ciel qui se reflète dans les surfaces d’eau
et les eaux qui se courbent par l’impact de quelques mouvements pour
se lisser aussitôt, absorbant une action qui appartient déjà au passé.
[…]
Une énergie semblable à celle qui se transmet un jour de soleil est à
l’œuvre ici. La notion de motif est devenue secondaire : il émane de ces
peintures une force douce et une énigme qui happent le regardeur. L’œil
aime s’y promener sans nécessairement savoir ce qu’il voit, comme l’on
peut, sans savoir pourquoi, éprouver une indicible joie à faire simplement
partie du monde.
Didier Boussarie poursuit avec Ce que touche la lumière sa trajectoire
singulière, loin de tout programme, loin des canons. D’une exposition
à l’autre il joue de sa liberté à ressentir, à exprimer.
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