Avec l'exposition Prom, sa première exposition personnelle à Paris, Diego Marcon transforme Lafayette Anticipations en un cinéma hybride.
Il y mêle les codes architecturaux du théâtre à l'italienne de la fin de la Renaissance - lieu de représentation sociale où l'on vient autant pour voir que pour être vu - au minimalisme, confort et accessibilité des cinémas modernes, qui sont autant d’évolution de notre relation aux images et au divertissement.
L’exposition présente quatre films réalisés à partir d'une combinaison de techniques d'animation, d’accessoires et de figurines animées: The Parents' Room (2021), Dolle (2023), La Gola (2024) et Krapfen (2025) *. Chacun explore les mécanismes de production d'émotions en convoquant différents genres cinématographiques tels que la comédie musicale ou burlesque, le mélodrame ou le film d'horreur. Tous s'ancrent dans l'intimité d'un foyer pour interroger les normes et tabous qui régissent les relations humaines. Les personnages, souvent ambivalents, évoluent dans des situations grotesques, parfois violentes, qui suscitent autant le malaise que l'empathie. L'artiste n'impose toutefois ni moralité ni conclusion, évitant toute forme de résolution.
Pour la première fois, Diego Marcon dévoile certains des objets créés et utilisés pour la réalisation de ses films Exposés en coulisses, animatroniques, prothèses, meubles, et décors brisent l'illusion de l'image animée et interrogent notre perception de la vérité comme la confiance accordée aux images
Pour son exposition Who's Gonna Save the World?, Ladji Diaby présente une installation réalisée à partir de meubles chinés ou trouvés dans la rue. Il a transformé chacune de ces pièces, faisant écho à l'habitude de sa mère de décorer et d'embellir le mobilier de leur maison pour l'imprégner de spiritualité, dans une recherche de proximité avec Dieu.
Ladji Diaby se sert de ces meubles comme de vitrines pour des objets abandonnés. Chaque œuvre relève ainsi d'une collaboration symbolique entre l'artiste et l'ancien ne propriétaire de l'objet. Bien que ces artefacts aient peu de valeur matérielle, ils sont perçus différemment une fois installés dans un espace artistique. À travers l'acte d'exposition, Ladji Diaby interroge les systèmes qui déterminent la valeur culturelle en Occident.
La question posée par le titre, Who's Gonna Save the World?, est rhétorique. Ladji Diaby considère l'effondrement du monde comme une étape nécessaire à sa reconstruction. Il propose d'accepter sa chute imminente pour avancer vers de nouvelles utopies et éviter ainsi de répéter les erreurs du passé. Pour lui, le salut du monde n'est pas la responsabilité d'un seul individu ; la libération ne peut advenir que par l'action collective.
Prises dans leur ensemble, ces œuvres fonctionnent comme des talismans venus d'un monde imaginaire où convergent les aspirations politiques, spirituelles et artistiques de l'artiste. L'attachement de Ladji Diaby à ces artefacts est lié à sa croyance dans leur pouvoir créateur. Selon lui, ce ne sont pas de simples objets, mais des mécanismes d'émancipation, des outils qui lui permettent de s'affranchir du destin que les hiérarchies sociales occidentales prescrivent à un homme d'origine malienne, de confession musulmane, vivant en France.
Commissaire : Ben Broome
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