Hola, qué tal?
Oriane Zerah:
Dans cet essai photographique, Des roses sous les épines, j’ai choisi d’utiliser les fleurs comme fil conducteur afin de partager une vision personnelle de ce pays, l’Afghanistan, déchiré par la guerre depuis plus de 40 ans.
Un aspect de mon travail se concentre sur la relation privilégiée entre les Afghans en tant qu’individus et les fleurs. Il comprend principalement des portraits d’hommes à qui j’ai demandé de poser avec des fleurs, soit dans le cadre de leur travail ou de leur occupation quotidienne (fleuriste, jardinier…), soit dans un cadre plus personnel : chez eux, dans leur jardin, ou au hasard dans les rues. Cela me permet de questionner la représentation de la masculinité dans l’imaginaire collectif, et ainsi la vision binaire du genre. En Occident, par sa fragilité et sa beauté, la fleur est généralement associée au féminin, tandis que l’homme afghan est vu comme un guerrier, l’un des archétypes majeurs parmi les figures masculines. Pourtant, pour ce projet, des hommes afghans n’ont pas hésité un instant à poser devant mon objectif entourés de fleurs, une rose à la main ou au fusil. En jouant sur l’ambivalence de la guerre et de la beauté, je souhaite révéler un esthétisme inattendu et un regard renouvelé sur la masculinité, jusque-là dissimulée sous le sceau martelant de la violence.
Hata pronto :)