Critique : On n’avait plus vu sur les écrans la délicieuse Agathe Bonitzer depuis Le dernier souffle de Costa-Gravas, film défendu sur notre site, mais jugé décevant par beaucoup de critiques. L’actrice revient dans un objet de cinéma bourré de charme, qui se présente à la fois comme un film dans l’esprit de la Nouvelle Vague et une sorte de conte extravagant où les personnages cultivent l’art du détournement et du mystère. Affection affection détonne, aussi bien par son titre décalé et drôle que par le contenu du récit, à peine racontable. Car le long métrage ne se décrit moins qu’il ne se laisse voir, embarquant les spectateurs dans un univers pour le moins étrange où la bourgeoisie de la Côte d’Azur se confronte à l’ineptie et l’absurdité des choses.
Dans un décor adéquat qui évoque Nice ou Saint-Tropez, on trouve un maire inquiété par ce qui ressemble à de gentils mafieux, plus poètes que criminels ; un policier désinvolte, une agente chargée de la sécurité animale. Sont déployées des méthodes complètement loufoques pour résoudre les enquêtes. Alexia Walther et Maxime Matray ont choisi l’amusement pour donner chair à cette histoire où les disparitions abondent, à commencer celle d’un petit chien blanc qui ressemble étrangement à un sachet plastique.

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Le ton à l’humour et à l’ironie est donné dès l’ouverture. Et pourtant, Agathe Bonitzer, qui occupe le devant de la scène, joue son personnage avec un grand sérieux, veillant à ne jamais tomber dans le grotesque. Elle incarne une femme un peu perdue, vaguement amoureuse du maire, occupée à rechercher un chien, pendant qu’autour d’elle des personnages proches apparaissent autant qu’ils disparaissent. Les réalisateurs s’en prennent à une certaine bourgeoisie désinvolte sans non plus céder à la facilité de la critique acerbe et sans nuance. Chacun des personnages est d’une drôlerie évidente. Il faut aller au cinéma pour trouver dans une ville estivale des chercheurs de mines qui ratent leur coup, des ordinateurs surpuissants dont l’intelligence artificielle détecte les disparitions, et des mères qui reviennent sur un coup de tête d’un séjour de plusieurs décennies en Thaïlande.

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Affection affection est attachant, hautement original, certes d’un abord assez difficile pour ceux qui aiment trouver au cinéma des histoires réalistes ou linéaires. Pour autant, le film n’a rien d’intellectuel, au sens négatif du terme. Il s’agit d’une comédie dramatique, moins dramatique d’ailleurs qu’humoristique, divertissante, qui joue avec les codes de la farce et de la Nouvelle Vague. Tourné dans plusieurs villes de la Côte d’Azur dont Sainte-Maxime, le long-métrage s’amuse à détourner le film estival pour une aventure déjantée où rien ne tourne rond.
Affection affection est également un film d’acteurs. Les rôles de composition à commencer celui d’Agathe Bonitzer se multiplient : un maire justicier, pas si vertueux qu’il n’en paraît ; une adolescente émancipée avec d’étranges fréquentations ; une mère névrotique ; un policier plutôt désinvolte et aux méthodes assez radicales, deux chercheurs de mines enterrées aux allures baba cool ; un père attachant et sympathique à qui bien des malheurs arrivent. On est dans le théâtre de la vie bourgeoise des bords de mer où chacun cherche à trouver un sens à une existence bien terne. L’héroïne, tour à tour Géraldine ou Gégé, promène sa bonhomie triste, à la recherche d’un équilibre qu’elle peine à trouver entre son a6mant contrarié et ses parents dérangés.













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