Nadine de Kœnigswarter : Je cherche la « lumière » avant tout dans mon travail pictural. Travailler en réserve, comme je le fais actuellement, est une manière de retrouver la luminosité du support en dessous. Certaines de mes peintures d’avant étaient travaillées ainsi, mais en utilisant d’autres instruments que le burin et en excluant la couleur afin de privilégier le noir et blanc, plus propice à l’évocation du contraste lumière/obscurité.
Dans mes derniers dessins sur les animaux, aussi présents dans ma vie que dans mon travail, le choix des couleurs que j’emploie est aléatoire, je prends les premières couleurs que j’ai sous la main et les associe sur le papier. C’est partiellement un travail à l’aveugle, puisque c’est au fur et à mesure de la progression du dessin qu’apparaissent les couleurs en dessous et que les rapports entre elles me conviennent plus ou moins.
Diana Quinby : Pendant une quinzaine d’années, je dessinais quasi exclusivement au crayon graphite. C’était un choix pour « simplifier » ma pratique, aller à l’essentiel. Je n’avais pas le sentiment de me priver de la couleur, car toutes les couleurs sont là dans l’infini des nuances de gris et dans la superposition des traits sur le papier, dont le grain et le teint font partie du dessin. C’est un travail qui s’élabore lentement par un processus d’accumulation.
Dans les autoportraits assez récents, j’ai commencé à mélanger des traits au crayon de couleur avec le graphite, non pour faire des dessins colorés mais pour augmenter les nuances déjà présentes dans les traits au graphite. Cette introduction subtile de la couleur me permet de créer une profondeur, de chercher une tension émotionnelle.
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