CORPS LATENTS
Les sculptures murales de François Maurin, réalisées en bois sculpté et résine, se déploient comme des présences verticales dont l’équilibre repose sur une tension constante entre construction et croissance. Issues du dessin, leurs lignes structurantes organisent des formes creusées, étirées, parfois segmentées, qui évoquent des fragments de corps autant que des formes en devenir. Le bois, travaillé dans sa densité et ses fibres, conserve une dimension vivante, tandis que la résine vient fixer la surface dans un état intermédiaire, entre apparition et stabilisation.
Cette articulation entre rigueur géométrique et souplesse organique n’est pas sans évoquer certaines architectures d’Oscar Niemeyer, où la ligne constructive demeure indissociable d’une expérience corporelle de l’espace. Chez Maurin, la structure ne s’impose jamais comme un système fermé : elle semble habitée de l’intérieur, traversée par une énergie contenue. Le mur devient un plan d’inscription, un point d’appui à partir duquel les formes émergent et affirment leur autonomie.
Inscrit dans une génération d’artistes pour lesquels la référence au monde végétal constitue un horizon sensible plutôt qu’un motif, Maurin développe une sculpture attentive aux processus de croissance, de tension et de transformation. Le dessin y agit comme une ossature invisible, guidant la mise en équilibre de la matière et la présence de l’œuvre dans l’espace.
PLANS DE LUMIÈRE
Le travail de Justin Weiler se développe à partir du verre et du dessin à l’encre de Chine sur papier, dans une recherche attentive aux conditions d’apparition de l’image. La transparence des supports, la superposition des plans et les variations lumineuses produisent des espaces instables, perceptibles dans la durée et dans le déplacement du regard. L’image ne se donne jamais immédiatement : elle se constitue par strates, par filtrations successives, engageant une expérience physique de la perception.
Ses œuvres établissent un rapport étroit entre géométrie et ouverture, où les surfaces agissent comme des seuils plutôt que comme des limites. La structure, réduite à l’essentiel, organise des équilibres entre suspension et ancrage, opacité et transparence. Le verre n’y est pas seulement un support, mais une condition d’existence de l’œuvre, un plan actif qui capte, filtre et restitue la lumière.
Cette attention portée aux qualités perceptives du matériau inscrit son travail dans une histoire où le verre devient un espace plutôt qu’une surface, à l’image des recherches menées par certains artistes américains de la côte ouest, tels que Larry Bell. Chez Weiler, toutefois, cette dimension perceptive demeure indissociable du dessin, qui subsiste comme une armature invisible, guidant l’organisation des plans et la construction du regard.
À travers le verre ou l’encre, Justin Weiler construit ainsi des œuvres qui ne se ferment jamais entièrement, laissant apparaître une forme toujours en relation avec son environnement et avec la présence du spectateur.
Liste des inscrits (1/4 reste 3)
Liste d'attente 
Sois le premier à poster un commentaire sur cette sortie !